Pourquoi Avatar est-il l’aurore d’un nouveau cinéma? Ou une critique de la critique.

En 2009, Avatar est un événement. Il impose la 3D dans les salles, fracasse les chiffres du Box Office, et enflamme les critiques du monde entier. Pour les plus intelligents, les plus distingués, les plus attentifs, nul doute que l’oeuvre de James Cameron peut se résumer ainsi : quand les Schtroumpfs rencontrent Pocahontas. Ceux-là, génies éclairés dotés d’une culture supérieur qui n’est pas décidé à plier face au monstre américain mangeur d’hommes et cracheur de pognon, ceux-là même qui acceptent 40 ans trop tard des films Hollywoodiens et de genre comme d’authentiques oeuvres importantes, ont bien cerné la logique capitaliste de James Cameron (ceux-là devraient un peu mieux regarder Titanic) ainsi que la bêtise des gens qui choisissent de chercher ce qui se trouve dans un Blockbuster au lieu d’inventer des choses qui ne se trouvent pas dans le dernier film du nouveau cinéaste Tchèque à la mode dans l’intelligentsia masquée et plumée.

Mais malheureusement pour nos visionnaires, Avatar n’est rien d’autre que l’aube d’un cinéma nouveau, le bélier qui défonce les portes blindées des limites narratives, la révolution ultime de son époque. Sur ce plan technique, c’est indiscutable. Que des critiques de cinéma se fichent des évolution techniques et narratives (bizarrement ils ne s’en fichent pas quand elles viennent de Godard ou de Méliès) ne fait que remettre en question la valeur d’un avis idéologique qui se refuse à l’analyse d’un cinéma qui, selon eux, ne s’analyse pas.

Mais voilà, Avatar fût et depuis, dans les salles, la 3D est. La performance capture inventée par Zemeckis a atteint un photo-réalisme et une fluidité inouïe, le cinéma Hollywoodien a remercié par l’application les deux cinéastes qui l’ont amené jusqu’ici et, l’âge d’or a été, le temps d’une séance de 2h45, ranimé.

Le refus de voir est donc un problème, le refus de chercher à comprendre en est un autre. Car quand certains refusaient totalement les qualités esthétiques de l’oeuvre, d’autres s’en servaient pour dénoncer une coquille vide. Parce qu’il est bien connu que les voyages initiatiques sont sans saveurs et que l’apprentissage de l’être est sans intérêt, Avatar ne les a pas intéressé. Peut-être en feront-ils l’apologie dans 30 ans, quand le recul dessinera son influence considérable.

Les détracteurs d’Avatar ont surtout le défaut de lui inventer un vide, d’effacer tout ce qu’il dit sans même réfléchir à l’importance de sa technique vis à vis de son propos. Que la nouvelle vie de Jake soit représentée via une technologie nouvelle et donc une nouvelle façon de voir le monde, que cette technologie qui permet à l’Homme d’acquérir les capacités exceptionnelles des Navis soit mise en parallèle avec la technologie d’Avatar qui ouvre des horizons au cinéma, que ce cycle de vie représente la renaissance avec une illustration visuelle et en mouvement (et donc cinématographique) de cette renaissance qui passe par l’apprentissage du corps, tout cela n’a malheureusement pas convaincu un public qui avait décidé d’adopter une posture face au monument qui se dressait devant eux.

Ces critiques ont confondu densité et quantité, limpidité et simplisme, récit et discours. Tant pis pour eux, le chef d’oeuvre de James Cameron est, comme tout grand film, assez puissant pour exister à travers ce qu’il infuse dans le cinéma du monde entier. Dommage pour les insatisfaits. Ceux-là sont tellement tombés dans le piège du récit initiatique qu’ils se sont laissés submerger par le contour de ce propos mythologique. Et s’étant d’ores et déjà bloqués quant à la beauté métaphysique d’une oeuvre comme Avatar, peut-être n’ont-ils pas voulu recevoir. Mais fort de son universalité miraculeuse, le film de James Cameron aura finalement emporté avec lui une audience fascinée par une pureté et une perfection aussi inattendues.

Avatar est avant tout une oeuvre qui cherche à délivrer l’image du physique, qui exalte la vue et le sens de l’immersion. Autant qu’il permet la création d’un univers sublime, il offre une nouvelle vision d’Hollywood, une façon actuelle de réinvestir les grands genres de l’âge d’or. Pour cela, la vidéo de Monsieur Bobine à ce sujet l’expliquera mieux que nous, mais toujours est-il que James Cameron nous propose une expérience qui, même vécue sur une télévision, conserve une grandeur et un réel intérêt vis à vis de l’industrie du cinéma.

Qu’il est alors triste de percevoir trop encore l’écho d’avis infondés se plaisant à dire le vide abyssal d’un film qu’ils refusent d’explorer et de ressentir. Avatar offre pourtant comme ultime cadeau, une accessibilité sensorielle inouïe, de celles qui font qu’un film touche, transporte, exalte.

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